LES ECHOS : les querelles dépassées de l’informatique

J’ai dernièrement repris la plume pour rédiger un article dans le quotidien économique Les Echos. Cet article s’inspire d’une chronique récente pour BFM Radio : je vous propose un état des lieux sur 3 grandes rivalités actuelles de l’informatique. Retrouvez l’intégralité de cet article dans les colonnes de ce blog.

L’industrie informatique raffole de ces belles histoires de garage et d’opposition de style. Citons la naissance du constructeur HP ou encore la rivalité légendaire entre Bill Gates et Steve Jobs, aboutissant au sempiternel débat « MAC contre PC ». Bien sûr que cette industrie se nourrit de cette technique marketing parfois appelée story telling, et même si cela permet souvent le développement de nombreuses innovations, cela génère également pas mal de confusion dans l’esprit des utilisateurs finaux. Parmi ces rivalités technologiques, voire idéologiques, on citera tablette versus ordinateur portable, cloud versus informatique traditionnelle, ou encore tout numérique versus papier. Nous allons tenter d’apaiser les esprits et surtout de faire le point pour clôturer ces querelles de clochers inutiles, et souvent stériles.

pc-vs-tablette-vs-smartphone

Côté tablette, tout d’abord, dont on ne cesse de nous prédire qu’elles représentent l’ordinateur portable de demain, il est bon de rappeler qu’en aucune manière il est avisé de les opposer, tant leurs fonctions complémentaires peuvent être utiles aux personnes nomades, en sus de leur laptop familier. Bien sûr que la tablette est un outil numérique formidable : légère, toujours connectée, disposant d’une belle autonomie en énergie. Avec un lancement immédiat pour un accès instantané aux données digitales, il n’en fallait pas plus aux Cassandre, porte étendard de certaines marques fruitières, pour prédire le remplacement de l’ordinateur portable. La tablette est une formidable connexion physique au monde intangible du cloud : l’information au bout des doigts, en accès direct et continu. Tablettes et autres Smartphones, ont permis de nouveaux usages, essentiellement en situation de mobilité : ils correspondent à notre vie moderne, connectée et mobile. Mais en aucune manière la tablette n’a été pensée pour remplacer un ordinateur : pas de clavier, pas de souris : les périphériques d’entrée sont pauvres, voire inexistants à l’origine : la tablette est un outil de consommation de l’information, pas un outil de production de contenu !

Avec un catalogue applicatif formidablement varié mais essentiellement orienté loisir et vie personnelle, la tablette remplit mal certaines fonctions de base : la manipulation de fichiers, l’impression de documents ou encore l’incontournable copier-coller. Alors cessons d’opposer la tablette et l’ordinateur portable et sachons apprécier les complémentarités fonctionnelles de ces deux outils.

cloud-vs-on-premise

Autre rivalité à la mode : celle qui consiste à opposer le cloud computing et l’informatique dite traditionnelle, avec des logiciels installés sur votre ordinateur. Là encore, un débat sans fin qui perd souvent les utilisateurs dans des méandres dogmatiques qui confinent au ridicule. Soyons concrets. Le cloud permet de consommer des services logiciels à distance depuis son navigateur internet sans installer de programmes en local. Par là-même, l’informatique dans les nuages permet de disposer d’applications légères et élégantes, avec un accès quasi immédiat, permettant d’abattre certaines barrières technologiques à l’entrée. Ajoutez à cela une formidable capacité à travailler à plusieurs, pour partager l’information et travailler de manière collaborative et il n’en faut pas plus pour enterrer vivant les terras et les terras octets de données déjà existants sur nos systèmes informatiques.

Oserais-je rappeler que pour consommer un service informatique sur internet, c’est mieux d’être… connecté à Internet ? Oserais-je rappeler que lorsque vous produisez de la donnée dans les nuages celle-ci est stockée… dans les nuages (et non sur votre ordinateur), posant par là-même toute la question de la réversibilité de l’information en cas d’arrêt du service. Oserais-je rappeler que dormir à l’hôtel de temps en temps c’est agréable et pratique mais que c’est toujours plus cher à l’année que de louer ou d’acheter son propre appartement ? En conclusion, avoir recours au cloud computing, dans certaines situations, s’avère fort pratique et surtout une extension formidable à son ordinateur, son système d’exploitation (mac ou PC) et ses logiciels familiers (professionnels ou personnels).

paper-vs-pc

Enfin, comment ne pas aborder le classique « c’était mieux avant » quand on faisait ses calculs au boulier et qu’on écrivait avec un papier et un crayon !? Et pourtant, le numérique permet de dématérialiser l’information ce qui assure sa sécurisation, notamment au travers des sauvegardes ; vos données sont également accessibles partout, et tout le temps, tout en apportant souplesse dans leur organisation et une recherche aisée. Et si à cela on ajoute une facilité de partage accrue, on a vite fait de chanter la mort du papier. Et pourtant, cette technologie reste imbattable en matière d’immédiateté, de souplesse d’usage, de prix, de simplicité d’utilisation. Et que dire de son autonomie énergétique ou de son absence totale… de bugs !! Indéniablement, le papier favorise l’apprentissage : nous sommes des êtres analogiques, pas numériques : notre gestion de la connaissance n’est clairement pas digitale. Enfin, le papier favorise la concentration (par opposition aux technologies numériques qui créent de la distraction) et se révèle souvent meilleur pour la santé (particulièrement le soir, avant d’éteindre la lumière).

Alors, s’il-vous-plait, une nouvelle fois, gardez votre cahier à portée de main, aux côtés de votre tablette et de votre ordinateur.

« Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous tendez à voir tout problème comme un clou » disait Abraham Maslow. On ne peut donc que vous recommander de jouer la complémentarité des technologies. Au lieu de les opposer pour étudier et parier sur celle qui disparaîtra en premier, il est plus avisé de les additionner pour tirer profit de leurs avantages respectifs.

 

Votre commentaire :